MARIAM
Une énorme fierté.
Un exemple de courage, de détermination, de volonté et plein d’autres mots du genre ne peuvent que qualifier la jeune fille que je vais vous présenter.Octobre 2025, avant mon départ, notre ami Salam qui dirige magnifiquement l’institut des jeunes sourds du Faso, me demande de rencontrer une jeune fille sourde de 20 ans dont la maman a des difficultés à payer la scolarité de sa fille qui doit faire la terminale pour passer le BAC d’enseignement général en fin d’année.J’accepte de la rencontrer le lendemain mais je ne comprends pas cette demande, 20 ans, sourde, baccalauréat ?Quand j’arrive le lendemain à l’institut, une jolie jeune fille m’attend, c’est Mariam et il s’agit bien d’une inscription en classe terminale, j’avoue être troublé par ce contact et sans réfléchir davantage, j’accepte immédiatement.Et si c’était possible?Un peu plus tard, rentré en Belgique, je reçois de ses nouvelles, elles ne sont pas bonnes, Mariam est aussi drépanocytaire, une maladie courante en Afrique qui dans certains cas peut provoquer des crises très douloureuses.C’est le cas chez Mariame, elle est hospitalisée et a besoin d’aide, que je vais lui apporter, pour payer les soins et les médicaments.Axell, notre étudiant déjà médecin qui continue une spécialisation en cardiologie va, à ma demande, lui donner de bons conseils lui permettre de voir des spécialistes.Les mois passent, nous échangeons souvent via Whatsapp et elle me raconte sa vie, à 9 ans une méningite la plonge dans un coma pendant plusieurs jours et au réveil elle a perdu l’usage de la marche et de l'ouïe. Elle va lentement pouvoir remarcher mais va rester sourde.Elle vit loin de l’école dans une famille en grande précarité où la maman lui apporte une aide précieuse, elle a 2 petits frères et un grand qui vivent encore à la maison ainsi qu’une grande sœur qui travaille et qui apporte une petite aide financière à la maman qui ne travaille pas.Le père ne peut donner que très peu et la maman arrive difficilement à s’en sortir.J’apprendrai aussi plus tard que Mariam est rejetée par son père à cause de l’handicap.Tout au long de l’année je vais apporter une maigre contribution pour couvrir certains frais médicaux, cours de soutien et cantine.Le dernier mois de préparation au BAC va être fort intense et Mariam va énormément travailler, elle aura l’aide de ses compagnons de classe  qui sont admiratifs de son courage et de sa détermination.Et puis, au mois de juillet arrive la proclamation des résultats.
Mariam a réussi l’impensable, elle est récompensée de ses efforts et obtient le précieux sésame, le Baccalauréat.En vingt années d'existence, l’association a permis à de nombreux enfants d’atteindre les plus hauts niveaux d’études, c’est surtout eux qui sont méritants, l’association a seulement pris en charge les frais de scolarité. Les parrains, marraines et nous, Christel, Sonia, Awa, Pierre, Rose, Rasmané et moi-même pouvons en être fiers, et aujourd’hui Mariam occupe une place exceptionnelle dans cette liste de belles réussites.